vendredi 9 novembre 2012

Anti-chien de garde / Anti-âneries : L'Ecothèque idéale


Où s'arrête la connerie ?

Un président fraîchement élu voulait renégocier un traité et engager l'Europe sur une voie plus solidaire. Quelques mois plus tard, il se réjouit de n'avoir rien négocié du tout et nous retrouvons avec délectation ce que disait l'un de ses ministres, Benoit Hamon dans une critique sans hésitation du Traité.
Le Traité Souriez Comme des Glands ne donne pas d'autres perspectives que l'austérité à toute l'Europe alors que l'Espagne a atteint ce mois-ci la barre des 25 % de chômeurs, que la Grèce, tombée dans la misère, est au bord de l'explosion sociale. Vous reprendrez bien un peu d'austérité ?
Et les médias traditionnels justifient ce texte au nom de la... solidarité européenne, qui n'a jamais existé. Souriez, Souriez !

La Grèce explose, l'Allemagne rajoute toujours une couche de conditions supplémentaires pour venir en aide aux pays européens en difficulté... et l'Union Européenne, en désunion, reçoit le Prix Nobel de la Paix.

Un premier ministre socialiste se réjouit d'adopter, en pleine crise de la dette publique, un plan de diminution des rentrées fiscales. Mieux, il prend en considération le rapport d'un grand patron sur la compétitivité, baisse les charges sans aucune contre-partie des entreprises et en profite pour augmenter la TVA. Socialiste ? De Gauche ?

Des grands patrons lancent des appels dans les journaux pour baisser les charges et les dépenses publiques. Ils osent le faire, eux dont les entreprises ne paient que très peu d'impôts.
Et nos médias traditionnels reprennent tout cela au nom de la compétitivité.

Mais où s'arrête la connerie !!!!! Quand commence-t-on à réfléchir ? Quand ?

Si jamais certaines choses vous chiffonnent,
Si jamais vous vous demandez s'il n'existe pas de solutions plus à gauche que ce gouvernement, ou s'il existe encore une réflexion de gauche,
Si jamais un semblant d'esprit de classe vous amène à penser que demander son avis à un grand patron sur la compétitivité, ce ne serait pas un peu se tirer une balle dans le pied,
Si jamais vous vous dîtes qu'il doit y avoir un rapprochement entre les baisses des charges et la diminution de la qualité des services publics dans notre pays,
Alors vous devenez sensible à la pensée hétérodoxe et tournons-nous ensemble vers certains de ses classiques ; voici l'Ecothèque idéale, les 10 articles d'économie politique alternative (en ligne) qu'il faut avoir lu. Pour recommencer à réfléchir...


Sur la dette publique :
La dette publique est le fruit d'une contre-révolution fiscale où les ménages les plus aisés sont gagnants à deux reprises. La baisse de la fiscalité leur permet de conserver leurs revenus en pleine explosion ; le marché obligataire permet de faire fructifier copieusement et sûrement ces revenus conservés. 
Sur l'Ecole, la santé, les services publics :
Martien Bulard explique par une comparaison internationale comment la mutualisation des dépenses de santé permet aux populations qui s'y tiennent une limitation de leur frais de santé. Non dire cela n'est pas une aberration de communistes dépassés...
Sur les inégalités de revenus :
La base de la base sur les inégalités de revenus pour ne pas entendre dire une énième fois ces énormes âneries "les 10% les plus riches ne gagnent que 3.6 fois plus que les 10% les plus pauvres. Comme peut le répéter à l'envi un commentateur idéologue, non pardon, économique du matin sur France Inter.
Clerc, D., Des inégalités méconnues, Site Alternatives Economiques, Blogs, août 2011

Sur la fiscalité :
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Sur la financiarisation de l'économie :
Crise, Dette, Création monétaire, risque inflationniste... Jean-Marie Harribey resitue le rôle de la Banque Centrale dans le financement de nos économies et dans l'origine de nos petits soucis actuels !
Harribey, J.-M., Crise de la dette ou dette de crise, Blog Alternatives Economiques, novembre 2011 
Comment banques et fonds d'investissement parviennent à échapper à toute régulation et continuent d'entretenir le risque de leur propre destruction.
Jorion, P., Le comportement suicidaire de la finance, Le Monde, octobre 2012

Sur la compétitivité :
Fumisterie de la compétitivité, concept bidon à l'échelle des Etats,  qui pourtant nous est répété jusqu'à écoeurement. Et pour cause, un gouvernement de gauche prend en considération un rapport d'un grand patron pour réaliser un "choc de compétitivité" ou une "trajectoire" sous les applaudissements du MEDEF. Harribey réinforme.
Harribey, J.-M., Compétitivité = travailleurs piégés, Blog Alternatives Economiques, novembre 2011 
Plus en détail, tous nos emplois ne sont pas exposés à la concurrence internationale et adopter des mesures communes aux différents secteurs d'activité n'apporte aucune solution viable mais met en péril , encore un peu plus, le financement de notre modèle social.
"Dans le monde actuel de plus en plus complexe, la segmentation des mesures à inventer est une des réponses aux problèmes posés."
Sur la campagne présidentielle de 2012 :
Serge Halimi, excellent analyste de la campagne de N. Sarkozy en 2007 dans "Pourquoi les pauvres votent à droite" de Thomas Frank livrait alors son regard sur la présidentielle de Mai, en resituant véritablement ses enjeux. Même après coup, le meilleur article de cette campagne. Non, F.O. Giesbert ou J.M. apathie ne figure pas dans cette rubrique...
Halimi, S., L'audace ou l'enlisement, Elections présidentielles en France, Le Monde Diplomatique, avril 2012

Sur la pensée unique de nos médias :
Les économistes orthodoxes (comprendre : pour le néolibéralisme) sont constamment invités dans tous les médias par des journalistes ne relayant quasiment que ce type de discours. Ils sont présentés comme experts en économie alors que leur discours est souvent plus idéologique qu'autre chose, peu documenté, peu chiffré. De plus, ces experts sont au cœur de conflit d'intérêts majeur. Toujours présentés sous leur titre universitaire, ils sont dans le même temps conseillers de grandes banques ou de multinationales par lesquelles ils sont rémunérés grassement.
Lambert, R., Les économistes à gages sur la sellette, Le Monde Diplomatique, mars 2012

Laurent Mauduit s'est emparé de ce problème pour écrire "Les Imposteurs de l'économie". Frédéric Lordon lui a alors rappelé à quel point son travail au sein de la rédaction du Monde, quelques années auparavant, était idéologiquement marqué. Un article de référence sur le fonctionnement, du quotidien de référence.
Lordon, F., Corruptions passées, Corruptions présentes (réponses à Laurent Mauduit), La pompe à phynance, juillet 2012

4 commentaires:

  1. J'en place un petit supplémentaire, de Christian CHAVAGNEUX (rédacteur adjoint d'AE) sur le DETTE et l'Europe :

    http://alternatives-economiques.fr/blogs/chavagneux/2011/10/27/quatre-decisions-pour-sauver-la-zone-euro-qui-va-en-supporter-le-cout/

    Mazcarad

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  2. Un petit chavagneux en première proposition... Discutons discutons

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    1. C'est un article qui ne renifle pas l'air ambiant. Le cadeau des gentils banquiers qui "annulent" la dette grecque, la finance enfin raisonnable, qui a compris ses errements du passé... Chavagneux montre en détail les ficelles de la supercherie. Rien ne change en définitive. C'est pas chien de garde, je trouve...

      Ce n'est peut-être pas assez "large" pour figurer dans la webothèque.

      Sinon, j'en ai un bien alternatif, et drôle en plus, sur la politique de la BCE, sous forme d'interview. Allez, je le balance, Keskizpass validera ou pas.

      http://www.fakirpresse.info/Contre-la-BCE-vive-l-inflation,268.html

      Mazcarad

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  3. Sur la BCE, la première action européenne d' envergure contre la BCE est programmée à Francfort les 17 18 19 mai...

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